TRUCS, ASTUCES ET CONSEILS

LE CUIVRE AU JARDIN

Comment marche les différents sels de cuivre

Le cuivre est un produit naturel, il existe sous forme de minerai, essentiellement des sulfures. Il est utilisé sous différentes formes de sels de cuivre.Le cuivre est fongicide et aussi, on l’oublie trop souvent, bactéricide.Il agit par contact en empêchant la germination des spores (champignons) et, pour les bactéries, en bloquant les processus respiratoires, en freinant la biosynthèse des protéines, en diminuant l’activité membranaire, réduisant ainsi les facultés d’assimilation des microorganismes.Du fait que le cuivre empêche les maladies de se déclarer, il est uniquement préventif et non curatif.Il a une action majeure entre autres sur fruits : mildiou (vigne), monilioses (pêche,abricot, cerise), cloque du pêcher, tavelure(pomme, prune), Et sur légumes : mildiou(pomme de terre), bactériose (céleri, chou,poireau). Il na pas d’égal contre le feu bactérien, le dépérissement bactérien, les chancres.Il a une action secondaire contre le botrytis,l’oïdium de la vigne et les maladies de conservation des arbres fruitiers.Le cuivre est un fongicide efficace voir mieux que les pesticides chimiques, s’il est bien utilisé. Il n’est pas altéré par le rayonnement solaire (UV). Cette efficacité est différente suivant les sels. Pour la bouillie bordelaise, la libération des ions cuivre est lente, sa permanence est de trois semaines sans lessivage. Par contre pour l’hydroxyde, la libération est quasiment immédiate, il aura donc une action choc, mais sera plus facilement lessivable.L’oxychlorure de cuivre est entre les deux.

Les effets indésirables sur les plantes,

le cuivre freine le développement végétal ; ce phénomène est accentué si les pulvérisations sont faites par temps humide. La vigne, est peu sensible à ce phénomène. Le cerisier et l’abricotier sont moyennement sensibles au contraire du pêcher et du poirier qui sont très sensible au cuivre après floraison.En tous les cas, tout traitement cuprique devrait s’effectuer sur feuillage sec .Le cuivre procure des nécroses sur jeunes pousses non aoûtées.Il brûle le pollen : sa présence est dangereuse au moment de la pollinisation, il peut entraîner la coulure des fleurs.Conséquence pratique : on ne traite jamais pendant ou après floraison.Il provoque du russeting sur l’épiderme des pommes (type Golden) ou des poires,entraînant la rugosité des fruits.Pour nos amis les bêtes, les risques sont minimes. Le cuivre est neutre sur la plupart des oiseaux et des vertébrés, ainsi que sur les insectes, et notamment les abeilles et les auxiliaires.Par contre, il est toxique en milieu aquatique, pour les poissons et il est classé substance indésirable dans les eaux destinées à la consommation humaine et dans les eaux souterraines.Dans le sol, le cuivre est un métal lourd qui s’accumule dans les premières couches du sol. Et il n’est pas biodégradable.Alors, il devient toxique pour toutes la micro et macro faune du sol (vers de terre, champignons, bactéries). Il est vrai que certains sols, en viticulture principalement, où les doses sont élevés ainsi que le nombre de traitements, la vie microbienne est fortement touchée.Ce phénomène est encore plus grave en sol acide car l’acidité rend le cuivre plus soluble et donc plus toxique.En sol calcaire le cuivre est lié aux argiles et aux carbonates. L’humus réduit les teneurs en cuivre soluble, donc les risques de toxicité.

Les différents sels de cuivre,

Le sulfate de cuivre Il provient du traitement du cuivre métal à l’acide sulfurique. Ce sel est très corrosif, il est préférable de ne pas l’utiliser sur les productions végétales.C’est le sel le moins cher du marché. Il contient 25 % de cuivre métal.

La bouillie bordelaise C’est un sulfate de cuivre neutralisé à la chaux.La recette artisanale est de 1 kg de sulfate de cuivre pour 600g de chaux vive pour 100l de bouillie à 1 %. Elle doit être utilisée dans les 24 H. Elle est très adhérente, mais corrosive pour les pulvérisateurs !Dans le commerce, la bouillie bordelaise se présente en poudre mouillable, finement micronisée. Elle est dosée à 20 % de cuivre métal. C’est le sel de cuivre qui a l’action la plus longue dans le temps (lessivage à 20mm).

Doses d’emploi : 5 à 25 g/l.

L’oxychlorure de cuivre Sel de cuivre obtenu du traitement du cuivre métal à l’acide chlorhydrique. Il est moins phytotoxique que la Bouillie Bordelaise, mais moins actif aussi. Il marque moins les fruits et les légumes.Il dose à 50 % de cuivre métal.Doses d’emploi : 2,5 à 5 g/l.

L’hydroxyde de cuivre Sel obtenu du traitement du sulfate de cuivre à la soude. Moins phytotoxique mais aussi moins persistant que la Bouillie Bordelaise. Son avantage réside dans son action choc : libération massive et instantanée des ions cupriques.Dosé à 50 % de cuivre métal, il est conseillé5 à 10 g/l.

Seuls les quatre sels de cuivre, présentés au dessus, sont autorisés au cahier des charges de l’agriculture biologique (annexe juillet 97).

Mais d’autres sels de cuivre existent :

L’oxyde cuivreux Il a une mauvaise adhérence et les risques de phytotoxicité en arboriculture sont importants.

L’acétate de cuivre Il provient du sulfate de cuivre par de l’acétate de calcium. Il est souvent allié au permanganate de potassium. Il est très intéressant pour la viticulture.

Le tallate de cuivre Il est surtout utilisé en viticulture.

Le carbonate de cuivre déployé (CCD)Il est un hydrocarbonate de cuivre dont l’efficacité est triplée par distillation. Il a une solubilité dans l’eau élevée, il contient 12,5% de cuivre. Il est très adhérent, pénétrant au cœur du feuillage, peu phytotoxique. Il est utilisé en viticulture, en maraîchage, en poudrage. Peu utilisé à tort en arboriculture.

D’un point de vue technique, l’interdiction du cuivre serait une erreur. Nous n’avons pas encore d’autres alternatives correctes. Remplacer le cuivre par le soufre n’est pas satisfaisant. Il est inefficace contre les bactéries. Lui aussi n’est pas sans conséquence sur le microfaune du sol, par l’acidification qu’il amène. Le résiduel du soufre sur les fruits est souvent au-dessus des normes et le soufre est fortement toxique pour l’humain.Diminuons les doses, combinons le avec les plantes, les algues, les oligoéléments, les acides aminés, l’argile, souvent l’effet synergisant est au rendez-vous.En fait, tout est dans le dosage, la dose fait le poison..

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